SANCHEZ CARDENAS, Beatriz

Vers une représentation lexicographique du verbe compter

 
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RÉSUMÉS

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TEXTE INTÉGRAL

L’analyse des insuffisances des dictionnaires bilingues disponibles dans le commerce n’est pas un sujet nouveau. Notre objectif est de poser les jalons pour une analyse lexicographique des verbes conduisant à la construction d’un dictionnaire bilingue non commercial. Il a pour but d’être un outil plus efficace de la production textuelle en général et de la traduction en particulier.  

Ce dictionnaire s’adresse à des traducteurs scolaires ou professionnels, familiarisés avec des termes métalinguistiques. Quant à leurs connaissances en langue source et cible, deux cas de figure se présentent : a) leur langue maternelle est l’espagnol et ils veulent utiliser le dictionnaire pour encoder en français langue étrangère ; b) il peut aussi être utilisé comme dictionnaire monolingue de français.  

Afin d’illustrer macro et microstructure, nous nous basons sur l’exemple du verbe compter.

1. Macrostructure : une équivalence en domaines lexicaux

La théorie du prototype (Rosch, 1975 ; Kleiber, 1990) abonde dans le sens des cognitivistes selon lesquels la conception du lexique chez l’humain répond à des principes onomasiologiques.

En accord avec cette idée, Faber et Mairal (1999) plaident pour une représentation du lexique verbal qui reflète les rapports sémantiques des verbes. Ils s’éloignent ainsi des auteurs qui prennent comme point de départ l’encodage syntaxique (Levin, 1993 : 5 ; Van Valin, 1993) pour proposer un modèle de représentation lexicographique des verbes en domaines lexicaux.

Un domaine lexical est un ensemble de mots unis par un lien paradigmatique dont la structuration interne est hiérarchique et rend compte de la spécificité sémantico-syntaxique de chaque terme. En haut de cette structure se situe le genus, « the most general or prototypical term » (Faber et Mairal, 1999 : 187). Les traits sémantiques du genus se retrouvent dans tous les autres termes qui dépendent hiérarchiquement de lui. Chaque verbe hérite ainsi des propriétés sémantiques de ceux qui lui sont superordonnés. La spécificité sémantique du verbe filtre sa projection syntaxique. Il y a donc un rapport étroit entre la configuration de la hiérarchie du domaine lexical et le comportement de chaque verbe, qui devient de plus en plus spécifique au fur et à mesure qu’il hérite des propriétés de ses supérieurs hiérarchiques.

1.1. Emplois de compter en relation avec le comptage

Pour construire un domaine lexical, les auteurs citent des définitions des dictionnaires1 dont ils dégagent les traits sémantiques minimaux distinctifs propres à chaque verbe. Pour le verbe compter, voici quelques exemples de renseignements d’ordre sémantique obtenus :

Schéma 1

Sur la base de ces définitions et de l’étude d’un corpus de 400 occurrences du verbe, nous distinguons quatre emplois de compter liés au comptage :

emploi i) : 1. J’ai compté 7 enfants.

emploi ii) : 2. J’ai compté les enfants.

emploi iii) : 3. Marie compte : 1, 2, 3, 4…

emploi iv) : 4. La Crète compte 25 millions d’oliviers.

Il est possible d’établir des différences entre ces emplois, dans un premier temps, selon une configuration syntactico-sémantique différente. Nous décrivons la structure des verbes en fonction de leurs arguments et des macro-rôles, tel que le prône la Role and Reference Grammar (Van Valin, 1993, 2005) :

emplois i et ii) : ACTOR V UNDERGOER

5. Nous avons compté 7 enfants.

6. J’ai compté les enfants.

Les emplois i) et ii) partageant une même structure, il sera question de décider si une telle distinction est justifiée ou si, dans le cas contraire, il convient d’étudier i) et ii) sous un même angle.

emploi iii) : ACTOR V

7. Marie compte : 1, 2, 3, 4…

emploi iv) : Location V UNDERGOER

8. La Crète compte 25 millions d’oliviers.

Dans un deuxième temps, nous observons que ces trois configurations différentes véhiculent des contenus sémantiques divergents. Ici, l’activité décrite par le verbe dans i) et ii) peut aussi être rapprochée. En effet, dans les deux cas, il est question de rendre compte du nombre total d’enfants, à une différence près : dans l’un, le résultat est explicite, alors que dans l’autre non2. Mais, il n’en reste pas moins que le verbe débouche sur l’obtention d’un résultat numérique dans les deux cas. Ainsi, l’enchaînement avec « Combien en as-tu compté » est tout à fait naturel :

« Il y en a combien ? »

9. A- J’ai compté 7 enfants.
   B- Combien en as-tu compté ?
   A- 7, je te l’ai déjà dit.

10. A- J’ai compté les enfants.
     B- Combien en as-tu compté ?
     A- 7.

L’emploi iii) décrit le passage en revue des chiffres. Cette activité consiste à dire les nombres entiers suivant leur ordre naturel.

L’emploi iv) est le seul à décrire une localisation du référent du N  complément dans le référent du N  sujet, « 25 millions d’oliviers » se situent dans « la Crète », ce qui est prouvé par la possibilité de paraphraser l’énoncé en « Il y a COD en S » :

11. La Crète compte 25 millions d’oliviers.

12. Il y a 25 millions en Crète.

Le sujet ne réfère pas ici à l’entité accomplissant l’action de comptage. En effet, l’emploi iv) ne sélectionne pas d’entité agentive comme le montre ce test :

« S réalise le dénombrement des N du COMPLÉMENT » :

13. La Crète compte 25 millions d’oliviers.

14. #La Crète réalise le dénombrement des oliviers.

À cela s’ajoute la configuration du point de vue de l’Aktionsart de compter1 et compter2. Une des caractéristiques aspectuelles qui les différencient est que les énoncés de compter2 n’ont pas de déroulement temporel, contrairement à ceux de compter2. Nous reproduisons un exemple des tests de l’Aktionsart appliqués (Van Valin, 2005) selon lesquels compter1 est un « accomplishment », compter2 est un « état » :

15. Je compte les enfants.
     Je suis en train de compter les enfants.

16. La Crète compte 25 millions d’oliviers.
     *La Crète est en train de compter 25 millions d’oliviers.

Autant de raisons de penser que compter2 n’appartient pas au même domaine lexical que compter1. Si tel est le cas, sa décomposition sémantique doit amener à un genus différent de compter1.

Si l’énoncé (16) rend compte du résultat d’un comptage – puisqu’il a bien fallu que quelqu’un compte les oliviers de la Crète pour pouvoir dire qu’il y en a 25 millions – il n’y a aucune activité quantificative dans celui-ci. Contrairement aux autres exemples, en iv) le sujet du verbe n’est pas l’ACTOR, qui se trouve absent de la prédication. Autant de raisons d’en faire un emploi à part.

Pour résumer, la différence qui sépare l’emploi i) et ii) – à savoir l’apparition d’un chiffre ou non précédant le N du COD – ne justifie pas une différentiation. En conséquence, nous traitons ces emplois sous une même entrée lexicographique. Les emplois iii) et iv), quant à eux, nécessitent une étude particulière en raison de leur singularité.

Cette étude prend en compte ces trois emplois du verbe compter. Pour des raisons de commodité, nous les appellerons compter1, compter2 et compter3 :

Schéma 2

1.2. Domaines lexicaux du Functional Lexematic Model

Le Functional Lexematic Model (FLM) se base sur un modèle élaboré par Martín Mingorance (Martín Mingorance, 1984, 1985, 1900, 1995) où l’une des clés pour accéder aux structures syntaxiques est la représentation sémantique des unités lexicales. Ce modèle propose une représentation des verbes en fonction de leur domaine lexical d’appartenance.

Pour déterminer à quel domaine appartient un verbe, le FLM suit les principes du « Stepwise Lexical Decomposition » de Dik (1978) selon lequel les verbes peuvent être redéfinis à l’aide d’autres verbes plus généraux. Cette décomposition arrive toujours à un verbe proche des primitifs sémantiques de Wierzbizcka (1995, 1996). Ces verbes représentent un point terminal dans la décomposition sémantique puisqu’il n’est pas possible de trouver un verbe plus général.

Les verbes non redéfinissables en verbes plus généraux constituent des génériques s’apparentant aux « primitifs sémantiques »3 de Wierzbizcka (Wierzbizcka, 1995, 1996). Cette dernière admet que le sens d’un mot est décomposable en unités plus petites que le mot lui-même. Ces unités non décomposables en mots plus généraux sont appelées « primitifs sémantiques » (semantic primitives). Elles correspondent à des idées innées chez l’être humain et sont, par conséquent, capables de décrire tous les mots de n’importe quelle langue.  

Les genus définissant les domaines lexicaux s’apparentent à des primitifs sémantiques car indécomposables en unités plus petites. Selon le FLM, ils sont au nombre de dix dans le domaine verbal: be/happen, become, have, say, feel, do/make, know/think, move (go/come), see/hear/taste/smell/touch, use. Chacun d’eux donne lieu un domaine lexical, à savoir : existence, change, possesion, speech, emotion, action, cognition, movement, physical perception, manipulation (Mairal & Faber, 2007 : 7).

1.2.1. Domaines lexicaux de compter liés au comptage

La question est de connaître les domaines lexicaux auxquels appartiennent les trois usages de compter repérés. La procédure suivie est illustrée en prenant comme exemple compter1.

  

  

Compter1

  

Compter1 est ainsi défini par le TLFi :Schéma 3

Le verbe déterminer est à son tour défini par ce même dictionnaire comme « indiquer, délimiter avec précision, au terme d'une réflexion, d'une recherche » ; le verbe indiquer se définit comme « faire voir d'une manière précise, par un geste, un signe, un repère, un signal », « faire connaître à quelqu’un (la chose ou la personne qu'il a besoin ou envie de connaître) » ; les verbes faire voir et faire connaître peuvent être redéfinis en fonction des verbes voir et connaître qui sont des primitifs sémantiques appartenant au domaine lexical de COGNITION. Le schéma suivant illustre cette décomposition sémantique :

Compter – déterminer – indiquer – faire voir / faire connaître – voir / connaître

Le verbe connaître renvoie au domaine lexical de COGNITION.

  

  

Compter2

  

L’analyse de corpus indique que compter2 sert à rendre compte de l’existence des quantités sans que l’énoncé lui-même décrive une opération quantificative4 (« cet établissement compte 1 000 élèves ») puisque, à la différence de compter1, l’activité cognitive n’entre pas en jeu dans ces énoncés. La preuve est que compter2 ne sélectionne aucun argument ayant une relation thématique agentive. Ce verbe définit l’emplacement d’une quantité d’éléments au sein d’une entité.

Cet usage du verbe n’étant pas décrit par les dictionnaires étudiés5, nous proposons la définition suivante qui convient à la sémantique des énoncés de compter2 de nos corpus: Schéma 4

Le verbe de cette définition, exister, est l’un des termes nucléaires qui définissent les domaines lexicaux. Si nous nous y tenons, compter2 est à classer dans le domaine lexical d’EXISTENCE.

  

  

Compter3

  

Ce verbe décrit la verbalisation des chiffres sans qu'il y ait en général l’intention de parvenir à une totalisation :

17. Marie compte : 1, 2, 3, 4…

18. Marie compte jusqu’à 10.

Ces exemples, peuvent-ils être réellement associés au domaine lexical de COGNITION ? Nous ne le pensons pas. Certes, le comptage6 naît d’une capacité cognitive chez l’homme. En effet, les chiffres sont un outil extrêmement sophistiqué de la pensée abstraite. De ce point de vue, il faudrait inclure compter3 dans le domaine de COGNITION. Cela relève presque du bon sens. Or, un tel raisonnement ne peut être retenu comme valable pour la simple raison que la classification des verbes en domaines lexicaux ne repose pas sur un tel principe « scientifique ». Car toutes les activités humaines sont des activités cognitives, puisqu’elles mobilisent, d’une façon ou d’une autre, le cerveau. Par exemple, pour réaliser l’action de manger, notre capacité cognitive est mobilisée, ne serait-ce que pour prendre la cuillère et la mettre dans sa bouche. Pour réaliser l’action de marcher il faut avoir les capacités psychosensorielles nécessaires. Ce n’est pas pour autant que manger ou marcher sont considérés comme des verbes de COGNITION. Par contre, ils appartiennent respectivement aux domaines lexicaux de ACTION et MOUVEMENT.

L’appartenance d’un verbe à l’un ou l’autre des domaines lexicaux est indépendante de ces considérations. En revanche, les critères retenus pour classer les verbes en domaines lexicaux sont strictement linguistiques. Ils sont basés sur la décomposition sémantique des verbes à partir de leur définition lexicographique.

Voici la définition du TLFi : Schéma 5

La décomposition sémantique à partir de cette définition est la suivante :

Enumérer énoncer exprimer communiquer –  dire

La décomposition sémantique nous emmène à dire, qui est un des verbes nucléaires qui définissent les domaines lexicaux. Par conséquent, compter3 appartient au domaine lexical de SPEECH.

En définitive, les usages de compter liés au comptage, peuvent être classés comme suit : Schéma 6

1.2.2. Les verbes de comptage dans le domaine lexical de COGNITION

Après avoir établi les domaines lexicaux de chacun des verbes, nous les représenterons en fonction de leur domaine lexical. Le verbe est associé au reste des verbes de la classe sémantique, en l’occurrence des verbes de comptage. Les rapports de dépendance sémantiques sont établis selon la prototypicité de leurs arguments et des tests de dépendance sémantique. Cette procédure ne peut être illustrée ici, cela dépasserait le cadre de notre étude. Nous nous limiterons à présenter le résultat auquel nous parvenons pour le verbe compter1.

Schéma 7

La représentation des unités linguistiques selon le domaine lexical bilingue présente plusieurs intérêts pour la traduction :

1) la visualisation d’un domaine lexical bilingue permet de voir quels sont les équivalents d’une langue qui n’existent pas dans l’autre. C’est le cas de « recontar », utilisé en espagnol pour des comptages de voix lors d’une élection démocratique (Se han recontado 10500 votos) ;

2) cette représentation des verbes permet de mieux affiner la traduction correcte d’un verbe en langue cible.  

Nous référons au concept d’équivalence proposé par Rabadán (1991 : 54). D’après elle, l’équivalence entre deux textes doit être multiforme et textuelle, en adéquation avec les divers paramètres qui régissent chaque discours (comme les registres, les connotations, les conventions, les types de texte et fonctions de la traduction). C’est en comparant le domaine lexical des deux langues que l’usager pourra choisir le terme le plus approprié pour la traduction.

2. Microstructure : l’entrée lexicographique de compter1

Le domaine lexical donne accès aux entrées lexicographiques des verbes7. Nous nous inspirons de la représentation d’une entrée idéale de dictionnaire bilingue suggérée par Atkins (2002):

Schéma 8

Notre présentation fait intervenir deux modifications :

a) nous préférons le terme de rôle thématique (Van Valin, 1993, 2005) à celui de frame element ;

b) la description des caractéristiques de chaque syntagme (sortal features) s’appuie sur les études du lexique-grammaire (Boons et al. 1976a, 1976b).  

Notre étude de corpus a montré que  compter1 a une structure du type SN1+V+SN2. L’agent (SN1) – qui a la fonction grammaticale de sujet –  est associé à une entité que nous appellerons GOAL (SN2), l’objet direct du verbe. Voici les principales caractéristiques de ces syntagmes :

Le référent du N de l’ACTOR doit avoir un caractère humain car les capacités cognitives sont nécessaires pour entreprendre l’activité de comptage :

19. Marie (ACTOR) compte les membres du club.

20. Le commerçant (ACTOR) compte les produits stockés dans la réserve.

Il n’est pas possible d’avoir dans cette position un N dont le référent n’est pas humain8 :

21. *Le livre/ *le chat/*le cyprès compte les membres du club.

Le N de l’UNDERGOER n’a pas de restrictions sémantiques puisque tout peut être compté. En revanche, les restrictions sont de type grammatical. Elles ont été décrites par Bazenga (2004) :  

1. Nécessité d’un N pluriel9 :

22. Elle compte les tic-tac de la pendule.

23. *Elle compte le tic-tac de la pendule.

24. Elle compte les déchets recyclables qui passent sur le tapis roulant.

25. *Elle compte le déchet recyclable qui passe sur le tapis roulant.

2. Nécessité d’un N catégorématique10 :

26. Elle a compté les livres rouges.

27. *Elle a compté la rougeur.

28. Elle a compté les formes rondes.

29. *Elle a compté la rondeur.

3. N comptable11 :

30. Elle a compté les sacs de riz.

31. *Elle a compté du riz.

32. Elle a compté les bouteilles de vin.

33. *Elle a compté le vin.

Ces tests confirment les contraintes que compter1 impose au N de son UNDERGOER : [+pluriel], [+catégorématique], [+comptable]. Nul besoin de le préciser, ce N est toujours précédé d’un adjectif numéral exprimant la quantité totale des N12 (5 personnes, 10 membres).  

Les informations suivantes constituent la base de l’information qui sera utilisée pour construire ultérieurement l’entrée de chaque verbe du dictionnaire :

Schéma 9

Conclusion

L’étude des descriptions lexicographiques nous permet d’isoler trois usages de compter en lien avec le comptage. Nous avons appelé compter1 les emplois caractérisés par une structure du type « SN1 V SN2 » où une entité humaine réalise une estimation numérique sur un ensemble d’individus. Les travaux du lexique de grammaire et nos analyses de corpus permettent de proposer une description plus précise des constructions dans lesquelles compter exprime une action de comptage, notamment en ce qui concerne les traits descriptifs des arguments du verbe.

S’il est possible de caractériser sémantiquement SN1, la tâche est moins évidente pour SN2, où compter1 n’impose pas de contraintes sémantiques. Autrement dit, tout N peut être compté dès lors qu’il respecte trois caractéristiques grammaticales : celles d’être un N pluriel, catégorématique et comptable.

Cette analyse du verbe compter n’est que préliminaire. De nombreuses questions restent en suspens pour une description intégrale de compter :

  • le type de déterminants admis ;

  • les répercussions sémantiques que chacun entraîne (quelques, plusieurs, certains) ;

  • la compatibilité avec les adverbes de quantité (compter beaucoup/trop/peu/assez de N) ;

  • le rapport avec l’approximation (compter une flopée de N, compter une dizaine de N, compter dans les 30 étudiants) ;

  • l’accompagnement du verbe par une phrase subordonnée complétive (compter combien de N), les compléments prépositionnels (compter par milliers, compter jusqu'à N, compter dans les N, compter de N en N).

Il faudra envisager d’étudier la projection syntaxique de ces éléments en cherchant à voir s’ils constituent des arguments du verbe. Il reste par ailleurs à décrire chacun des verbes de comptage français et en espagnol.


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Notes

1  Trésor de la Langue Française Informatisé [http://atilf.atilf.fr/tlf.htm, novembre 2007] (TLFi), Le Nouveau Petit Robert (PR), Le Grand Larousse Illustré, 2004 (GL), Nouveau Petit Robert. Dictionnaire alphabétique et analogique de la langue française. 2001. Dictionnaires le Robert. Version électronique en CD-Rom (PR), Dubois, D. & Dubois-Charlier (1997-2007), Dictionnaire Les Verbes Français, Université de Caen. Diccionario de uso del español María Moliner, Gredos 1998. Diccionario de la Real academia de la lengua española en ligne [www.rae.es]

2  Même s’il suppose un résultat numérique.

3  Voici la liste des primitifs sémantiques de Wierbizcka (1995) : i, you, someone, people, something / thing, body, this, the same, other, one, two, some, all, many / much, big, small, (long), very, think, know, want, feel, see, hear, say, word, true, do, happen, move, there is, have, live, die, when/time, now, before, after, a long time, a short time, for some time, moment, where/place, here, above, below; far, near; side, inside; touching, not, maybe, can, because, if, more, kind of, part of, like.

4  Néanmoins, pour qu’une une phrase comme « La Crète compte 25 millions d'oliviers » puisse être dite, il faut bien que quelqu’un ait compté les éléments – en l’occurrence les oliviers – auparavant, raison pour laquelle ces usages relèvent de la quantification et sont pris en compte dans cette étude.

5  En fait, il faudra convenir que la méthode d’attribution des domaines lexicaux est bancale. Son problème réside dans la trop grande autorité accordée aux dictionnaires, outil qui peut s’avérer inefficace.

6  Nous nous référons ici uniquement aux contextes de compter3.

7  Le dictionnaire étant électronique, chaque verbe constitue un hyperlien conduisant à son entrée.

8  Sauf dans des usages fictionnels, bien entendu.

9  Rappelons que les ensembles de moins de 3 éléments n’ont pas besoin d’être comptés, leur nombre est tout simplement perçu d’un coup d’œil (cf. chapitre 1).

10  Les N catégorématiques ont une indépendance référentielle (porte, chien, chat), contrairement aux N syncatégorématiques, qui ont besoin de l’accompagnement d’un N catégorématique pour pouvoir référer (blancheur, rondeur). Le verbe exige des N qu’ils aient une assise catégorématique pour pouvoir être comptés. Nous renvoyons à Kleiber (1981 : 40) pour une exposition complète du phénomène de la catégorématicité.

11  Il n’est pas possible de compter des entités massives. Compter1 impose au N de l’UNDERGOER la condition d’être un individu, les entités massives ne pouvant pas être comptabilisées.

12  Nous laissons de côté l’étude de la préposition qui peut introduire le N de l’UNDERGOER (dans, à) : « J’ai compté à peu près 30 personnes ». D’autres prépositions sont moins acceptables : « J’ai compté ? dans les 30 personnes ». Par ailleurs, il faudrait aussi étudier quels adverbes sont les plus aptes à occuper cette position, tels que plus ou moins ou approximativement : « J’ai compté plus ou moins / approximativement 30 personnes ».


POUR CITER CE DOCUMENT

SANCHEZ CARDENAS, Beatriz, 2010, «Vers une représentation lexicographique du verbe compter», Les Cahiers du GEPE, Autres exploitations des outils électroniques, Strasbourg : Presses universitaires de Strasbourg, URL : http://cahiersdugepe.fr/index.php?id=1397
 


A PROPOS DE

Beatriz SANCHEZ CARDENAS

beatriz.sanchez@unistra.fr
Université de Strasbourg, LILPA EA-1339
Doctorante en cotutelle en Sciences du Langage (UdS) et Traduction et Interprétation (UGR).
Titre de thèse en cours : Paramètres linguistiques pour la conception d’un dictionnaire électronique bilingue (français-espagnol) destiné à la traduction. Le cas des verbes de comptage.